L'œil dans le ciel : Décryptage de la marche sur la corde raide du VAR

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Emma Thompson
Journaliste Premier League
📅 Dernière mise à jour : 2026-03-17
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📅 15 mars 2026⏱️ 4 min de lecture
Publié le 2026-03-15 · 📖 4 min de lecture · 752 mots

Voici le problème avec le VAR : il est censé rendre le jeu plus propre, n'est-ce pas ? Nous donner moins de moments "et si" et plus de décisions définitives. Mais après près d'une décennie dans les ligues de haut niveau, depuis son introduction formelle en Serie A et en Bundesliga en 2017-18 jusqu'à ses dernières itérations, on a toujours l'impression d'en discuter tous les deux week-ends. La technologie est conçue pour revoir les "erreurs claires et évidentes" ou les "incidents graves manqués" dans quatre domaines clés : les buts (et les infractions potentielles qui les précèdent), les penalties, les cartons rouges directs et les erreurs d'identité pour les cartons. C'est l'évangile selon l'IFAB, les législateurs du sport.

Pensez-y de cette façon : un arbitre prend une décision sur le terrain. Le VAR, caché dans une salle de contrôle, regarde plusieurs angles de caméra, souvent avec un opérateur de relecture. S'ils repèrent quelque chose qui crie "faux", ils alertent l'arbitre sur le terrain. Le temps de révision moyen varie, mais les propres données de la FIFA de la Coupe du Monde 2022 ont montré que les révisions duraient en moyenne environ 70 secondes. L'objectif est l'efficacité, mais parfois on a l'impression qu'ils essaient encore de savoir si c'est une main ou une épaule sur la séquence 47B.

La promesse était des décisions plus précises. Avant le VAR, les études estimaient souvent la précision des arbitres à environ 92-93 % pour les incidents majeurs. Avec le VAR, ce chiffre est censé passer à plus de 98 %. Ça a l'air génial sur le papier. Mais cette variation de 5 % implique souvent des moments majeurs. Prenez la saison 2025-26 de Premier League. Le 14 septembre 2025, lors de la victoire 1-0 de Manchester United sur Chelsea, un potentiel hors-jeu contre Alejandro Garnacho de United dans la construction de leur seul but a été débattu pendant des jours. Les lignes tracées par le VAR semblaient pixélisées, et les fans ont discuté pour savoir si un petit bout de la chaussure de Garnacho était au-delà du dernier défenseur, laissant tout le monde frustré malgré la confirmation du but par le VAR.

En réalité : le VAR ne concerne pas seulement les lignes de hors-jeu. Il s'agit d'interprétation. Les mains restent le problème le plus litigieux. L'IFAB a tenté de clarifier les arguments de "délibéré" versus "position non naturelle" à plusieurs reprises, mais nous obtenons toujours des décisions bizarres. Le 2 novembre 2025, lors d'un match de Serie A entre l'AC Milan et l'Inter, un but de Rafael Leão de Milan a été refusé après qu'une révision VAR ait repéré un contact à peine perceptible sur le ballon par son coéquipier, Fikayo Tomori, dont le bras a été jugé "en position non naturelle" bien qu'il soit le long de son corps. Le ballon a parcouru moins de trente centimètres après le contact. Cela a tué l'ambiance du stade.

Ensuite, il y a la révision sur le terrain. Parfois, l'arbitre va au moniteur, parfois il fait confiance au VAR. Cette incohérence me rend fou. Si le VAR est si confiant, pourquoi envoyer l'arbitre à l'écran ? Si l'arbitre a besoin de le voir, pourquoi se donner la peine d'avoir le VAR en premier lieu ? Lors du match de La Liga entre le Real Madrid et l'Atlético Madrid le 26 octobre 2025, Jude Bellingham a obtenu un penalty après que l'arbitre ait été envoyé au moniteur pour un défi qui semblait initialement être un tacle propre du défenseur de l'Atlético José Giménez. Les ralentis, même après plusieurs angles, laissaient encore planer le doute pour de nombreux experts, mais le penalty a été maintenu, et Bellingham l'a converti pour une victoire importante de 2-1.

Écoutez, le VAR a été introduit avec de bonnes intentions. Il a corrigé des erreurs flagrantes – des hors-jeu d'un mètre, des coups de poing sans ballon, des erreurs d'identité pour les cartons rouges. Ces cas clairs sont meilleurs pour tout le monde. Mais la recherche d'une perfection microscopique, souvent au détriment du déroulement du jeu et de l'esprit du jeu, est là où il perd les gens. Les décisions subjectives, en particulier concernant les mains et l'intensité des fautes, provoquent toujours plus de disputes qu'elles n'en résolvent. Mon avis tranché ? Nous devons simplifier la règle de la main à "contact délibéré uniquement" et laisser le jeu respirer.

Malgré toutes ses avancées, le VAR semble toujours être un travail en cours. C'est un outil puissant, mais comme tout outil, son efficacité dépend de la façon dont il est manié. Tant qu'ils ne trouveront pas comment l'appliquer de manière cohérente et cesser de trop arbitrer les aspects subtils du football, nous continuerons à voir ces moments frustrants. La Coupe du Monde 2026 apportera clairement de nouvelles controverses, mais je prévois que la FIFA expérimentera un système de contestation, similaire au tennis, permettant aux équipes un nombre limité de révisions VAR par mi-temps.